• Lara

L'AMOUR DE MÈRE EN FILLE

Mis à jour : 15 sept. 2019

Aujourd’hui, c’est mercredi et, à 6 heure du matin, l’air est déjà chaud. Nous sommes au milieu d’un beau mois de juillet. Je suis dans cette nouvelle journée, doucement.

Dans l’après-midi j’ai retrouvé mon amie Paloma autour de un café frappé (je t’embrasse bien fort au passage).


Notre conversation tourne vite autour de nos mères respectives.

Nous connaissons tous le sujet pour l’avoir pratiqué : Notre mère, cet être magique et parfois terrible qui a été notre univers pendant des mois, voire des années... Paloma trouve souvent difficile (et surtout depuis qu’elle est elle-même jeune mère) de supporter sa mère et ses remarques quand celle-ci est en visite chez elle.


Mon amie Paloma n’arrive plus à digérer la « popote » maternelle et familiale, avec ses recettes, ses règles et ses névroses que sa mère lui ressert à chacune de ses visites.


Nous avons toutes été influencées depuis notre plus jeune âge par les projections et les attentes de notre mère. Bébé puis enfant il à bien fallu qu’on rentre dans le « pot » maternel pour vivre à l’abri de son amour.


Et nous voilà aujourd’hui devant elle, mère à notre tour parfois. Nous sommes devenues adultes, et pourtant, nous n’en revenons toujours pas de leurs manies, de leurs tendances à en faire trop, à nous sur-conseiller ou simplement à nous délimiter dans ce qu’elles croient de nous. Toute mère a le pouvoir mystérieux de « faire monter » chez son enfant (et quelque soit son âge) une crise d’agacement spontané... Un mot, un geste, un re- gard suffisent pour nous faire monter dans les tours. Nous en sommes encore à vouloir faire comprendre à nos mères qu’elles devraient être autrement.

Mais après tout, si nous commencions à imaginer que la « fonction » de mère n’est qu’un rôle...


Ce rôle ne dure qu’un moment, le temps que l’enfant grandisse en toute sécurité. Beaucoup d’entre nous se définissent indéfiniment dans ce rôle, qui devient le rôle de leur vie.

– Avant tout, je suis une maman ! entend-on (et ce même si l’enfant à 50 ans).


Mère, père, enfant : chacun joue son rôle. Et si nous prenions conscience que le rôle n’est qu’une fonction, qui finira par passer... et qui peut prendre fin ? De même que nos mères nous enferment dans le passé en nous traitant encore comme des enfants immatures, nous-même dans notre rôle d’enfant nous les enfermons aussi dans le passé, dans leurs rôle de mère.


Et j’ajouterais qu’il est tout aussi difficile pour nous d’accepter que nos parents soient comme ils sont, qu’ils ne changeront pas et que, finalement, ils n’ont pas à changer. Finalement, en dehors de l’amour que nous ressentons pour nos parents et que nos parents ressentent pour nous, et qui nous dépasse, nous partageons avec nos parents une déception. Pour eux, c’est la déception de ne pas trouver en nous cet « enfant fantasmé », et pour nous celle de n’avoir pas ces « parents parfaits » qui nous auraient aimés pour ce que nous sommes.


Être heureux, c’est avant tout sortir de nos attentes, de nos espaces de frustrations, pour passer dans l’âge adulte, responsables et libres. Et parents à notre tour ... ;) Pour retrouver une relation stable et équilibrée avec nos parents nous devons simplement sortir de notre rôle d’enfant encore en attente des parents « parfaits ». Notre parent doit devenir notre pair. C’est peut-être la pre- mière entrave à abandonner.

Aujourd’hui c’est mercredi. Avec mon amie Paloma nous parlons de nos mères, dans cet air lourd et chaud.

La mienne, aujourd’hui, est comme une petite chandelle qui s’éteint doucement .


Et tout-à-coup, je me rends compte qu’après son départ, je ne serai plus la chérie de quelqu’un... Je me sens soudain comme un acrobate sans filet.

Je me rappelle de notre relation mère-fille, une relation compliquée jusqu’à mes quarante ans. Nous étions toutes deux impulsives et sensibles – ça va souvent ensemble et c’est pas souvent facile...

Notre sensibilité nous a souvent séparées, trop de coeur, trop de peurs. Comme un amour qu’on se reproche, comme un coeur qui attend l’apaisement, la tendresse, la sagesse des deux cotés. Je pense qu’on grandit avec ses enfants. C’est certainement eux qui, chacun à leur manière, nous font entrer dans l’âge adulte.

J’étais en colère, je lui en voulais. Aujourd’hui, je suis en paix. Il m’aura fallu 45 ans, et tout ce qui peut arri- ver dans une vie.


Je ne serais plus la chérie de ma mère mais je vais faire de mon mieux pour me rappeler son odeur que j’ai toujours en moi. C’est de ça dont je me rappelle, instinctivement, comme ses doigts dans mes cheveux.


Nous transmettons une ligne de conduite à nos enfants. La mienne, je la tiens de ma mère : « Tu es forte comme un tigre. » Voilà ce qu’elle me disait


quand je per- dais courage et force. Et c’est cet héritage que j’ai transmis à mes trois filles : « TU ES FORTE COMME UN TIGRE... » et j’ai ajouté : « sois SAUVAGE mais plus enragée ». Pas toujours facile... On progresse.





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